Proulx (Marie-Ève)
Un article de la La Mémoire du Québec (2022).
- Née à Saint-Pierre-de-la-Rivière-du-Sud.
Études à l'Université du Québec en Outaouais (baccalauréat en travail social, 1998), puis (maîtrise en travail social avec mention d'excellence de l'Université du Québec en Outaouais, 2004)
Diplôme en coaching de gestion de l'École en Coaching de gestion de Montréal (2013-2014)
Attestation en gestion de conflits, EDULIB - HÉC Montréal (2013).
Conseillère municipale (2005-2009) puis maire (2009-2013) de Saint-Pierre-de-la-Rivière-du-Sud.
Députée du parti de la Coalition Avenir Québec-CAQ de Côte-du-Sud à l'Assemblée nationale du Québec-ANQ (octobre 2018-2021).
Ministre déléguée au Développement économique régional et à l'Entreprenariat féminin et ministre responsable des régionsn de Chaudière-Apalache, du Bas-Saint-Laurent et de Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine dans le cabinet de François Legault (2018-2021).
En 2020, Le bureau parlementaire du Journal de Montréal-JdeM révèle qu'il y a eu à peu près 14 départs en autant de mois dans son entourage : «insultes, harcèlement, intimidation, climat si toxique que le bureau du Premier ministre François Legault a dû rencontrer Madame Proulx et la confier à un coach.
En 2021, le scandale éclate quand le cabinet de la ministre Proulx fait l'objet d'une plainte formelle de harcèlement psychologique au Tribunal administratif du travail. Madame Proulx n'a pas eu à se présenter devant le Tribunal administratif du travail puisqu'une entente de principe est intervenue entre elle et le plaignant lors d'une séance de médiation. Le Journal de Montréal a obtenu la confirmation que ce sont les citoyens qui ont payé la note de ce règlement hors cour. En avril 2021, Bernard Drainville déclarait au cours d'une émission au poste de radio 98,5 :«J'ai cessé de compter, mais on est rendu à certainement 20 employés qui ont quitté le bureau de Madame Proulx. On parle d'une employée en pleurs parce qu'elle n'en peut plus d'être dénigrée.» Le lendemain, Madame Proulx se voit contrainte de quitter ses fonctions de ministre. Le Premier ministre François Legault déclare : «Malheureusement, on se rend compte que la situation ne s'est pas suffisamment améliorée» dans le ministère de Madame Proulx. (Le Journal de Montréal du 4 juillet 2022, page 7)
Le quotidien Le Soleil du 26 août 2022 écrit :
«Sa décision de renoncer à la politique, elle l'a prise «par respect» pour elle. «C'est la première fois que je me suis choisie réellement», dit la députée, qui se définit comme une «bonne personne», résiliente et forte, qui ne veut «faire de mal à personne».
Dernièrement, elle sentait que son moral commençait a être miné et a choisi de préserver sa santé mentale. «Je ne voyais pas comment j'allais pouvoir m'en sortir», avec cette épée de Damoclès au-dessus de la tête durant toute la campagne électorale, dit cette mère de trois garçons. Elle craignait trop que la situation «dégénère», et a préféré se soustraire au «tribunal populaire».
Avant que des allégations de harcèlement psychologique provoquent sa chute, Marie-Eve Proulx était députée et ministre, engagée dans ce qu'elle souhaitait être une très longue carrière politique au service du Québec. Mais en mai 2021, en raison de ces allégations, elle a perdu son poste de ministre, et dans un mois, au terme du présent mandat, elle sera au chômage, se demandant à quoi ressemblera son avenir.
À plusieurs reprises durant l'entrevue, elle insiste pour dire que son dossier est vierge, que les deux plaintes formulées contre elle par deux anciens employés et déposées à l'Assemblée nationale ont été jugées non fondées, «après une enquête longue et difficile».
«Il y a eu de l'acharnement. Il y a eu de la diffamation sur mon cas. Il y a eu du règlement de comptes», de la part de ces ex-employés, un homme et une femme, qui, selon elle, n'ont pas respecté les ententes de confidentialité conclues en attaquant leur ex-patronne dans les médias, sous le couvert de l'anonymat, contribuant à alimenter la perception, dans les médias et le public, selon laquelle le nom de Marie-Eve Proulx était synonyme de harcèlement au travail.
Pourquoi un tel acharnement? Elle explique qu'il s'agit de personnes qui, au départ, en 2018, n'auraient pas dû être embauchées, n'ayant pas le profil pour oeuvrer en politique, ni les compétences requises. Sa version des faits: elles ont été congédiées, ne l'ont pas accepté et ont entrepris de se venger.
Des plaintes ont été déposées à l'Assemblée nationale et au Tribunal administratif du travail (TAT). Un premier cas a été réglé à l'amiable. Dans l'autre cas, la plaignante est revenue à la charge et le dossier est à l'étude au TAT.
Lasse de devoir encore et toujours se défendre, elle dit «réfléchir» à la possibilité de riposter, en intentant des poursuites pour atteinte à la réputation contre ceux qui ont provoqué la fin hâtive de sa carrière politique.»
Politiciens laissés à eux-mêmes :
Elle en veut aux protocoles mis en place, à l'Assemblée nationale ou ailleurs, pour examiner les plaintes de harcèlement, et qui ne prévoient rien pour réparer les torts subis par un élu qui serait innocenté au terme du processus.
«J'ai perdu mon travail de ministre, je ne vais pas me représenter, je me choisis pour ma santé mentale. On n'est pas dédommagé, il n'y a rien qui va compenser ça, même si j'ai deux enquêtes à mon actif qui (révèlent que les allégations) sont non fondées», déplore-t-elle.
«On laisse à eux-mêmes des gestionnaires dépourvus, et des politiciens dépourvus, dans des situations où on est faussement accusés», plaide la députée, inquiète du vide juridique en ce domaine.
Elle est d'avis qu'au Québec on assiste en ce moment à un retour du balancier, notamment dans la sphère politique, qui favorise les employés, prêts à déposer une plainte pour harcèlement, pour un oui ou pour un non.
Selon elle, on est passé d'un extrême à l'autre, «d'un spectre à l'autre.
Les femmes sont plus vulnérables
Les femmes politiques sont, à son avis, plus susceptibles de faire l'objet de plaintes de ce genre. Traditionnellement, l'autorité est incarnée par des hommes, qui pourront se permettre des écarts de langage ou des comportements répréhensibles, sans que cela soit contesté par leur entourage.
Encore aujourd'hui, les employés de cabinet ont davantage «peur des hommes» de pouvoir, selon elle. Leurs colères sont admises, leurs décisions respectées. Mais une femme ministre, «on peut se permettre de la contester», fait valoir Mme Proulx, qui dit éprouver beaucoup d'empathie et de compassion pour la députée Marie Montpetit, chassée du caucus libéral, elle aussi à la suite d'allégations de harcèlement psychologique. Dans son cas, il n'y a jamais eu de plainte formelle.
Malgré les revers, Mme Proulx assure qu'elle va «rebondir» avant longtemps, même si elle dit n'avoir aucune idée de ce que l'avenir lui réservera.
«Je veux continuer de contribuer», dit celle qui a une formation en travail social. «J'ai cette force. J'ai cette résilience-là qui m'habite», assure celle qui refuse de se laisser atteindre par ses déboires.
